Nostalgie
Nouvelles noires
Traduit du japonais par Alice Hureau
Prix : 18€
Paru en février 2021
226 pages
ISBN : 978-2-37927-092-5

Nostalgie

Kanae Minato

« Le grand pont de l’île, que les lumières teintaient de blanc, semblait flotter dans l’obscurité. On aurait dit qu’au bout était le vide, et je me demandai si le car n’allait pas sombrer au fond de la mer. » 

 Le pont sépare deux univers, le pays natal où l’on revient avec nostalgie et le monde extérieur. Mais pourquoi l’a-t-on quitté, pourquoi d’autres n’en sont-ils jamais partis et quels drames y restent enfouis ?  Deux sœurs renouent après vingt-cinq ans de silence. Un homme apprend enfin la vérité au sujet de son père, disparu lorsqu’il était enfant. Une mère de famille accomplit un vieux rêve pour lequel elle fut prête au pire. Un jeune chanteur à succès replonge dans une période douloureuse de son enfance.  Une femme, menacée par un typhon, révèle son passé à sa fille en attendant les secours. Un enseignant déboussolé apprend de son père défunt comment agir dignement.  Les protagonistes de ces histoires sont liés par leur présence sur cette île de la mer intérieure de Seto. C’est là que leurs souvenirs les pousseront à mesurer la dureté des rapports sociaux, la puissance du secret, mais aussi leur attachement au lieu de leur enfance. 

À travers ces six nouvelles qui composent un instantané du Japon contemporain, Kanae Minato porte un regard acéré sur les dysfonctionnements d’une société où le harcèlement scolaire, l’ostracisme et certains systèmes de valeurs rigides continuent d’être sources de tragédies. Le portrait est d’autant plus percutant que son île-cité fictive ressemble beaucoup à celle où elle est née. 

L’auteure

Née en 1973 à Innoshima, dans une famille d’arboriculteurs, Kanae Minato mène une mission humanitaire de deux ans en Polynésie avant de devenir enseignante. Elle s’essaie à l’écriture à partir de 2004. Son premier roman, Kokuhaku (Les Assassins de la 5e B), Grand Prix des libraires du Japon 2009, est un succès foudroyant avec plus de trois millions d’exemplaires vendus. L’œuvre de cette romancière fréquemment primée compte de nombreuses nouvelles et plus d’une vingtaine de romans. En 2019, Atelier Akatombo a publié Expiations, celles qui voulaient se souvenir puis, en 2021, Nostalgie.

La traductrice

Alice Hureau

Férue de littérature japonaise, Alice Hureau est titulaire de deux licences (anglais et japonais) et de deux masters : le premier en études japonaises, spécialisé en littérature (Paris 7) et le second en traduction (Inalco). Elle a vécu plusieurs années au Japon et, depuis 2016, elle vit de sa passion en traduisant des ouvrages japonais.